Abbaye des Carabiniers
Texte de M. Gianni Ghiringhelli, Archiviste Communal de Blonay - Avec nos plus vifs remerciements
Il n'est pas aisé de retracer l'historique exact de l'Abbaye des Carabiniers. En effet, les archives des Abbayes ont brûlé en 1904, dans l'incendie d'un bâtiment de Bahyse. Mais dans les registres de la Municipalité de Blonay des bribes se retrouvent. La Société a très certainement vu le jour au milieu du XIXème siècle avec l'apparition de nouvelles armes qui demandaient un entrainement spécifique.
Dans un procès verbal de Municipalité de Blonay, du 10 juin 1838, le boursier Pierre-Antoine Bonjour demande au nom des Carabiniers d'organiser un tirage au Champ d'Andix. En 1839, la Société de Mousquetaires et celle du Cordon Vert et Blanc s'exercent sur le tirage de Bahyse. En mai 1839, une requête est transmise par les Carabiniers à la municipalité. Elle stipule la possibilité de tirer à la carabine quelques dimanches de l'été à Cojonnex. Le lieu est précisé, près des Grandes Portesm, depuis la propriété de Pierre-Louis Thomas Bonjour jusque sur celles des hoirs de Jean-François Dupraz.
En guise de réponse, Pierre-Antoine Bonjour président des Carabiniers est prévnu par la Municipalité, en août 1939, qu'il y a interdiction de faire parade le dimanche, sinon plainte sera déposée. En juin 1841, la Municipalité préavise favorablement pour que la Société des Carabiniers puisse tirer à la carabine sur le domaine de Mottex.
A cette période, Blonay compte 800 habitants. Le climat politique est perturbé. Le 14 février 1845 on marche sur Lausanne. Le Conseil d'Etat démissionne. Des tensions sont fortes entre les féréralistes et les adeptes d'une Confédération forte. En 1847 la guerre du Sonderbunf éclate. La proximité des "ennemis" Fribourgeois et Valaisans si proches risque de briser les rapports depuis longtemps amicaux. Mais la paix revient rapidement et la nouvelle constitution fédérale est ratifiée.
On ne remet pas en cause les sociétés de tir, qui sont un lien social important au sein des villages. Des subsides pour les munitions seront alloués aux tireurs. L'exercice du tir est valorisé et encouragé. Les fêtes des abbayes sont souvent la seule occasion de se détendre et d'oublier les soucis du quotidien. Les prix distribués étaient conséquents et certains lors de ces fêtes gagnes des sommes qui peuvent égaler six mois de salaire.
En 1861 un Joliat, jurassien habitant Saint-Louis dans le Missouri, incite les carabiniers suisses à combattre aux côtés des Nordistes lors de la guerre de Sécession.